Le pinson des arbres
Chaque mois, Michel Brugière vous propose un article dédié aux oiseaux de notre commune.
Le Pinson des arbres (Fringilla coelebs)
Dans tous les pays du monde, le pinson est le symbole de la joie.
« Gai comme un pinson », dit le proverbe, et il est vraiment difficile de se figurer une existence plus heureuse que celle de cet oiseau brillant qui, au souffle de la brise printanière, chante et voltige parmi les arbres en fleurs.
- Taille : 14 à 16 cm
- Envergure : 26 cm
- Poids : 17 à 23 g
- Longévité : jusqu'à 14 ans
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Identification
Le Pinson des arbres est un passereau commun et facile à reconnaître.
Le mâle adulte, en plumage nuptial, est assez coloré. Le manteau et le haut du dos sont d'un brun marron chaud, tandis que la tête est gris ardoise bleuté. Le bec est gris bleuté.
Deux larges barres blanches, séparées par une bande noire sur les couvertures alaires, constituent un caractère diagnostique très visible, aussi bien au repos qu'en vol.
Les parties inférieures sont d'un rose vineux prononcé, parfois teinté de roux. Le bas-ventre et les sous-caudales sont blancs. Les pattes sont rosâtres.
En hiver, les couleurs sont plus ternes. C'est l'usure progressive du plumage qui fait réapparaître les teintes vives sous-jacentes à l'approche de la reproduction.
La femelle possède un plumage beaucoup plus discret. Le manteau est brun terne. La tête et les parties inférieures sont beige nuancé de gris, à l'exception des sous-caudales qui restent blanches. La calotte est plus sombre, souvent traversée par une fine ligne médiane plus claire. L'œil est cerclé de blanc, le bec est gris rosé ou couleur corne. Les ailes présentent les mêmes barres blanches et la queue les mêmes rectrices externes blanches que chez le mâle.
Voix, chant et cri
Le cri habituel est un « fink » sonore, répété deux ou trois fois. Il s'agit d'un cri de contact entre individus.
En vol, un « tuip » caractéristique est émis à intervalles réguliers, notamment par les migrateurs en déplacement.
Le chant est stéréotypé et relativement constant au sein de l'espèce. Il se compose d'une phrase sonore facilement reconnaissable.
Habitat
Le Pinson des arbres est à l'origine une espèce forestière, mais il s'est adapté à une très grande variété de milieux.
Il fréquente tous les habitats arborés, depuis les forêts profondes jusqu'au cœur des grandes villes, ainsi que la limite supérieure de la forêt en montagne, sur une vaste aire de répartition.
Sa remarquable plasticité écologique en fait l'un des oiseaux les plus communs de nos régions. Il est souvent le passereau le plus abondant en forêt. Par exemple, en Grande-Bretagne, une étude a relevé une densité supérieure à 600 oiseaux par km² durant la période de reproduction.
Lors des migrations, il fréquente également les milieux ouverts, notamment les cultures, où il recherche les graines qui lui fournissent l'énergie nécessaire. En cas de danger, il se réfugie dans les haies et les bosquets voisins.
Comportement
Le Pinson des arbres est un oiseau volontiers grégaire, sauf pendant la période de reproduction.
À cette époque, il devient territorial et les mâles défendent vigoureusement leur territoire, qu'ils délimitent par leur chant. C'est pourquoi ils chantent généralement depuis un perchoir bien dégagé.
Au sol, où il recherche sa nourriture, le Pinson des arbres se déplace en sautillant. Lorsqu'il n'est pas au sol, il évolue dans les arbres et les arbustes. Espèce arboricole pour la reproduction, il construit son nid sur une branche, généralement bien dissimulé.
Nos pinsons sont souvent sédentaires ou, tout au plus, erratiques, et sont visibles toute l'année.
Un comportement original caractérise cette espèce : durant la période internuptiale, une ségrégation s'opère. Les mâles d'un côté, les femelles et les jeunes de l'autre, forment des groupes distincts qui migrent, se déplacent et s'alimentent séparément.
Cette particularité est d'ailleurs à l'origine du nom scientifique de l'espèce, coelebs, qui signifie « célibataire ».
Vol
Le Pinson des arbres, comme tous les fringillidés, possède un vol direct et ondulant, alternant des phases de battements rapides et des phases de glissés ailes fermées. C'est également un excellent migrateur, capable de parcourir de longues distances.
Alimentation
Le Pinson des arbres est omnivore, ce qui contribue certainement à son abondance.
Son régime alimentaire varie selon les saisons. Au printemps et en été, il est principalement insectivore. Les jeunes sont nourris presque exclusivement d'invertébrés. Les proies sont très variées, avec une prédominance d'insectes et de leurs larves.
En période internuptiale, les graines deviennent largement majoritaires dans son alimentation. Elles fournissent l'énergie indispensable aux migrations. Il consomme également des fleurs et des bourgeons, riches en protéines et en glucides.
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Reproduction
Dès les mois de mars et d'avril, la femelle construit le nid sur un territoire défendu par le mâle.
Cette tâche lui incombe entièrement, le mâle étant occupé à défendre son territoire. Le nid est installé assez haut dans un arbre touffu, dans une fourche ou posé sur une branche. Il est constitué de mousse, de fibres végétales et de radicelles, assemblées à l'aide de soie d'araignée.
L'extérieur est généralement recouvert de lichens. L'intérieur de la coupe est tapissé de plumes et de poils. Il s'agit d'une construction particulièrement soignée, relativement petite pour la taille de l'oiseau, qui se confond parfaitement avec son environnement.
La femelle pond de 4 à 5 œufs bleutés et tachetés, mesurant environ 20 × 14 mm. Elle les couve seule pendant 12 à 14 jours.
Les deux parents participent ensuite à l'élevage des jeunes, qu'ils nourrissent principalement d'arthropodes, notamment d'insectes. Les jeunes restent au nid environ quinze jours.
Le succès moyen est de 3 à 4 jeunes à l'envol par nichée réussie. Une fois la première nichée émancipée, les parents disposent généralement du temps nécessaire pour entreprendre une seconde reproduction, grâce à la précocité de la première. Les jeunes prennent leur envol entre juin et juillet.
Statut
Le Pinson des arbres est une espèce intégralement protégée (arrêté ministériel du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire français et les modalités de leur protection).
La population est considérée comme stable en France et en Europe. Depuis 1989, les effectifs présentent une stabilité globale, après une diminution observée au début des années 1990, suivie d'une légère augmentation, statistiquement significative, depuis les années 2000.
Et pour consulter les anciens articles :
Le rougequeue noir
Le bruant jaune
La fauvette grisette
Le bouvreuil pivoine
La linotte mélodieuse
Le grimpereau des jardins
Le rouge-gorge familier
Le pic épeiche
La troglodyte mignon
La Bouscarle de Cetti
L'alouette
Le pic noir
Le geai des chênes
La fauvette à tête noire
Le grosbec casse-noyaux
Le coucou gris
La chouette hulotte
Le loriot d'Europe
Le rossignol philomèle
La bergéronnette printanière
Le Martin Pêcheur d’Europe
L'hirondelle
La sittelle
Michel Brugière est né dans un petit village de Touraine au bord de la Loire. Photographe amateur passionné par l’ornithologie depuis son plus jeune âge, retraité depuis 2003, il se consacre pleinement à la photographie de cet univers.
Sa passion naît très jeune : dès l'âge de 14 ans, avec un jouet en bois de sa propre invention imitant un appareil photo "clic clac", il prenait virtuellement en photo les animaux de la ferme de ses parents à Savigny-en-Véron, en Touraine.
Dès lors, il commence à économiser pendant sa formation d'apprenti maréchal-ferrant pour s'acheter son premier appareil photo, un véritable appareil bien loin du jouet en bois !
Le temps passe et sa passion se renforce. Il devient pompier professionnel à Rambouillet; la photographie animalière devient alors pour lui une respiration, un moment pour changer d’air, se ressourcer, et s’imprégner des couleurs et des odeurs du monde vivant.
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"J'adore les milieux sauvages, marais, roselières, forêts, sentiers isolés et parfois les pelouses calcicoles pour photographier quelques orchidées et autres fleurs sauvages. Mon souhait, à travers mes prises de vues, est de partager l'existence des animaux, de souligner la beauté des plumages et de saisir l'instant d'une posture. Ma passion va bien au-delà d'un simple amusement aujourd'hui.
Je pourrais vous en parler pendant des heures, de mes souvenirs de prises de vues et de mes attentes interminables pour capturer l'image parfaite.
Des anecdotes, j'en ai plein ma besace : du martin-pêcheur au tétras lyre, en passant par le guêpier d'Europe et bien d'autres ; des levers à l'aube aux longues heures d'attente, des émotions extraordinaires...
Aujourd'hui, pris dans les filets de ma curiosité et de la beauté, je continue d'arpenter les chemins d'Eure-et-Loir et d'autres coins de France et vous propose de voyager avec moi à travers ces chroniques"
